Sucre, yoga, boulot, réseaux sociaux : pourquoi sommes-nous tous accros ?

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Entre les produits que nous consommons, nos activités ou nos passe-temps favoris, on les aime au point où on finit par devenir accroc. On n’arrive pas à s’en passer du sucre, le yoga est devenu une véritable addiction, le boulot est clairement devenu une obsession ou les réseaux sociaux une vraie drogue. Qu’est-ce qui peut bien expliquer ce phénomène ? Doit-on vraiment s’en inquiéter ? Suivons les explications et les conseils d’un docteur.

Woman making a selfie

Tous addicts ?

Qui pourrait affirmer qu’il n’est « addict » à rien ? Personne ne semble être épargné, des anonymes aux personnalités les plus connues. On apprend par exemple que Carla Bruni a avoué à une période avoir consommé 30 à 40 Coca par jour. Il faut dire que le confinement n’a pas vraiment été d’une grande aide, car les addictions, semble-t-il, ont explosé. Que ce soit pour les pâtisseries, l’alcool ou les réseaux sociaux, chacun a renforcé ou développé une certaine inclinaison très exagérée.

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En avril 2020, une étude Odoxa montrait que : « 5,5 millions de français avaient augmenté leur consommation d’alcool. 22 % prenaient plus de somnifères, 27 % fumaient plus et 74 % s’adonnaient davantage aux jeux d’argent en ligne… ». Par ailleurs, la dépendance aux écrans, particulièrement les Smartphones, tend à se renforcer. Toujours dans la même étude : « 28 % de nos concitoyens présentent des « risques de cyberdépendance », avec 15 % pratiquant le binge-watching de séries, et 14 % faisant un usage excessif de leur Smartphone (un adulte passe en moyenne quatre heures par jour sur son téléphone). L’addiction a-t-il pris le dessus sur nous ?

Un environnement addictogène

Delphine Moisan, psychiatre addictologue à l’hôpital Beaujon, à Clichy, pense qu’« On assiste à une multiplication des comportements addictifs, note Michael Stora, psychanalyste spécialiste des mondes numériques. C’est différent : dans la majorité des cas, heureusement, ce ne sont pas des addictions au sens médical. » Pour elle : « Le terme “addict” est utilisé un peu abusivement. Il vaut mieux parler de comportements excessifs. Est addict celui qui n’arrive plus à contrôler sa consommation, avec un “craving”, un besoin irrépressible de consommer, des conséquences négatives sur sa vie sociale, professionnelle, familiale. On peut consommer une chose en grande quantité sans devenir addict ». 

Si passer des heures et des heures à « binge watcher » des séries télé peut être inquiétant, si cela s’accompagne avec une bonne capacité à travailler, à avoir une vie sociale, il n’y a vraiment pas de quoi s’alarmer. Selon Delphine Moisan : « Aujourd’hui, seules deux addictions sans substance, les jeux vidéo et les jeux de hasard et d’argent, sont officiellement reconnues comme addictives. Mais d’autres usages excessifs peuvent engendrer des dépendances, s’ils deviennent compulsifs, envahissants et entraînent des effets négatifs dans notre vie quotidienne. » 

Par ailleurs, la psychiatre addictologue à l’hôpital Paul-Brousse, de Villejuif, Laurent Karila, pense que l’utilisation du mot addict est devenue problématique. « Il y a eu une dédiabolisation de ce terme, explique Laurent Karila, psychiatre addictologue à l’hôpital Paul-Brousse, de Villejuif. Auparavant, le terme était tabou, stigmatisant. Aujourd’hui, l’addiction est considérée comme une pathologie, ce qui l’a rendue plus acceptable. Il n’y a pas une série Netflix sans un personnage membre des Alcooliques anonymes ou des Narcotiques anonymes » 

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